Cette page aborde des thématiques liées aux violences sexuelles numériques,
aux espaces de prédation, aux leaks, aux deepfakes et à la pédocriminalité.
Aucun contenu explicite n’est affiché, mais certains exemples ou descriptions
peuvent évoquer des situations difficiles.
Cette page n’est ni un tutoriel d’enquête, ni un guide technique pour traquer
des serveurs ou des individus.
Elle décrit ma démarche personnelle de modération et de veille bénévole :
comment documenter des situations problématiques sans réexposer les victimes
ni banaliser les violences.
1. Mes priorités
Protéger les victimes avant tout
Ne pas republier leurs images, leurs noms ou leurs identités.
Éviter toute rediffusion inutile de contenus traumatisants.
Limiter ma propre exposition
Ne pas rester inutilement dans des espaces toxiques.
Accepter que je ne peux pas tout voir, ni tout signaler.
Documenter pour signaler, pas pour accumuler
L’objectif est de produire des signalements clairs et exploitables,
pas de constituer des archives de contenus violents.
2. Quelles informations je conserve (et lesquelles je limite)
2.1 Informations que je conserve
Identifiants techniques
ID de serveur ou de canal.
ID d’utilisateur·ices lorsque c’est pertinent.
Liens de messages ou de salons (avec prudence).
Métadonnées
Date et heure d’observation.
Plateforme concernée.
Type d’espace (serveur public, privé, salon spécifique).
Contexte
Nature des problématiques observées (leaks, tributes, prédation sur proches,
deepfakes, contenus pédosexuels, etc.).
Extraits de messages textuels, lorsque nécessaires pour caractériser
l’infraction ou l’intention, sans recopier l’intégralité des propos.
2.2 Ce que je limite au maximum
Images ou vidéos explicites :
nudes.
contenus impliquant des mineur·es.
violences sexuelles.
contenus illégaux ou choquants.
Données permettant d’identifier directement une victime :
nom civil.
coordonnées.
profils personnels hors contexte de signalement.
Lorsque des éléments très sensibles sont indispensables à un signalement,
ils sont conservés hors ligne, dans un espace chiffré, et transmis
uniquement aux interlocuteur·ices légitimes
(équipes Trust & Safety, Pharos, etc.).
3. Comment je structure mes notes
Je maintiens un système de suivi non public, structuré autour de :
un identifiant de cas (ex. CAS-2025-B324J).
la plateforme concernée,
le type d’espace (serveur, salon, etc.).
un résumé synthétique du problème.
la date et l’heure de détection.
les actions entreprises (signalement, suivi).
le statut du cas.
Ce système me permet de :
éviter les doublons.
suivre l’évolution d’un signalement.
garder une trace sans accumuler de contenus illégaux.
4. Captures d’écran : usage et précautions
4.1 Pourquoi j’en fais parfois
Montrer la structure globale d’un espace.
Mettre en évidence des dynamiques organisées.
Attester de la présence de termes ou de catégories problématiques.
4.2 Comment je limite l’exposition
Recadrage systématique des captures.
Masquage des pseudos, avatars et éléments identifiants.
Usage réservé aux signalements ou à un travail interne anonymisé.
En public, les captures sont remplacées par :
des schémas.
des descriptions synthétiques.
ou des exemples fortement caviardés.
5. Où et comment je stocke les informations
Stockage prioritairement :
local.
chiffré.
limité à un usage précis.
Séparation claire entre :
documentation analytique (notes, synthèses).
preuves strictement nécessaires (manipulées avec précaution).
Je ne publie pas ces éléments bruts et ne les partage pas en dehors
d’un cadre clair et légitime.
6. Exemple de documentation responsable
Pour illustrer concrètement cette démarche, je mets à disposition
un exemple anonymisé et sanitisé.
l’absence de reproduction inutile de contenus sensibles.
Il s’agit d’un exemple méthodologique.
7. Ce que je ne fais pas
Pas de « mur de la honte » public.
Pas de listes de pseudos exposées.
Pas d’instructions pour contourner les règles des plateformes.
Pas de diffusion de contenus explicites, même à titre d’exemple.
8. Prendre soin de soi
Ce travail a un coût émotionnel réel :
fatigue, saturation, perte de confiance, sentiment d’impuissance.
Je me fixe donc des limites claires :
temps d’exposition limité.
pauses régulières.
échanges avec des personnes de confiance.
droit de décrocher.
La veille et la modération bénévole sont importantes,
mais elles ne doivent jamais se faire au détriment de la santé mentale.
9. Rappel
Cette page :
n’est pas un guide d’enquête.
n’est pas une incitation à rechercher des contenus illégaux.
n’est pas un outil d’exposition.
Elle décrit simplement une manière de documenter suffisamment
pour signaler efficacement, sans transformer les victimes en objets d’étude
ni banaliser les violences.